LE GRENIER A PAROLES

COMPTE RENDU DE LA SOIREE DEBAT PARENTALITE du 25 OCTOBRE 2007
en partenariat avec le RAM


 SUR LE THEME :
 « Le développement psychomoteur de l’enfant de 0 à 3 ans » 
Intervention de Madame Stéphanie ARRIVE, Psychomotricienne

La notion de psychomotricité est une notion récente, datant de 1975.
Psychomotricien est une profession paramédicale, c’est un auxiliaire de la médecine.
Il a une approche globale de la personne, comme le kiné pour ce qui est de la posture, du tonus et du psychiatre pour ce qui est du psychisme de l’inconscient.
Son métier consiste, à tous les âges/stades de la vie (naissance, enfant, adulte, personne âgée) à mettre du sens et à comprendre les troubles et manifestations corporelles.
Il met en place un dialogue corporel dans un but préventif ou thérapeutique.
Il analyse le langage du corps qu’il met en parallèle avec le langage verbal.

Quand on fait appel à un psychomotricien pour un bébé ou un enfant, on parle de « dialogue tonic » = on doit s’interroger si le bébé ne cherche pas à explorer, n’est pas curieux, ne cherche pas à découvrir des jeux, est malhabile, a du retards dans ses acquisitions (marche, propreté…)…

L’enfant construit sa motricité grâce à son histoire, qui commence dès qu’il est désiré par ses parents, se poursuit pendant la grossesse puis à la naissance ; d’où l’importance de son histoire, dès le début ; il construit ainsi son bagage avec l’acquisition des compétences sensorielles de base.

Ce qu’il faut retenir : chacun a son rythme d’acquisition des compétences, des expériences.

A la naissance : l’enfant communique avec l’autre grâce au dialogue tonic. Les échanges se font par le biais du corps (bain, change, tétée, câlin …) ; le bébé commence a prendre des repères dans le temps par ces actions qui se répètent à la même heure tous les jours = repères temporels.
Ses compétences et acquisitions vont dépendre de son environnement extérieur.

A quelques mois : l’enfant va développer sa capacité à saisir les objets. Vient ensuite les positions d’appui. L’enfant découvre son corps en le manipulant, il prend confiance en son corps. Ses repères corporels lui permettent de s’organiser dans son environnement.
L’enfant qui lâche un objet, découvre en le retrouvant à se séparer de l’autre. Il comprend que l’adulte qui le laisse seul reviendra et n’en pas parti pour toujours.
Il va ensuite apprendre en répétant. L’action sur les objets développe son intelligence.
Il a beaucoup de domaines à conquérir en même temps (propreté, socialisation…).

Chaque enfant va avoir son développement propre pour réagir face aux acquis.
Importance de la capacité de l’adulte à s’adapter aux besoins de l’enfant. Il faut le laisser faire, sans le forcer. Il faut ainsi tenir compte de ses capacités (de quoi est-il capable ?) ; Il est fait appel à la notion de « sécurité de base » = acquisition de la confiance pour franchir les étapes, étape par étape, confiance pour aller à la prochaine étape. Importance donc de ne pas brûler les étapes.

L’activité motrice se développe grâce aux qualités émotionnelles.
Les acquisitions doivent se faire avec plaisir, confiance.
Il ne faut pas forcer l’enfant mais l’inciter, l’encourager.

Les étapes :
« Le langage » se développe grâce aux échanges verbaux avec l’adulte.
« La propreté » il ne faut pas en faire un conditionnement. Risque sinon de rigidité de la personnalité. Il faut laisser l’enfant évoluer à son rythme.

Importance du Jeu chez l’enfant. Le jeu est possible sans avoir de jouets. Le jeu est l’essentiel de l’activité de l’enfant. C’est son moyen principal d’expression et son moyen initial.
A tout âge l’enfant joue ; il joue avec son corps, avec sa voix.
Il découvre avec le jeu les notions spatiales de base (dehors/dedans…), il se socialise par le jeu.
Il est important que l’adulte se mette à son niveau (s’allonger par terre) pour jouer avec lui ou l’observer en le laissant jouer seul.

Quelques repères par tranche d’âge :
 0/3 mois : notion « le regard de la main » = l’enfant suit la main ou regarde sa main
 3/6 mois : jeu avec les objets ; stimulation tactile ; aime la musique, les comptines…
 6 mois : notion de « permanence de l’objet » = il comprend que l’objet qu’il a lâché n’a pas disparu pour toujours ; il fait le parallèle avec la permanence de la personne et comprend par exemple que le parent qui le laisse à la crèche n’a pas non plus disparu pour toujours mais va venir le chercher. Il rit aux éclats.
 6/18 mois : période surtout des stimulations. L’enfant va imiter les actes de la vie quotidienne, imiter l’adulte. Attention c’est l’âge des accidents domestiques. A cet âge, il développe aussi son sens de l’humour.
 puis c’est l’âge de la préhension fine = il aime les jeux d’encastrement, jeux de ballon, livres, dessins…
 24 mois : jeu d’imitation, s’approprier l’image de l’autre, jeux moteur…
Le jeu va devenir collectif au fil du temps.
Pour l’enfant, jouer est un travail à plein temps. Par le jeu il agit à la conquête de lui-même et de son environnement.
Par le jeu il commence à exprimer des sentiments et y faire face ; s’il a peur, il va se retourner vers une personne de confiance. Il va taper, jeter ses jouets pour exprimer ce qu’il ressent. C’est son moyen d’expression.

Remarque : dans tous les jeux, la place de l’adulte est importante car elle permet à l’enfant de développer sa personnalité. Le jeu doit avoir une dimension affective. L’enfant n’a pas forcément besoin qu’on joue avec lui mais a besoin que l’adulte soit présent, disponible, pour le soutenir ou le féliciter. L’enfant a besoin de jouer « sous le regard bienveillant de l’adulte » qui doit savoir se tenir en retrait, sans intervenir.
Il est important de laisser l’enfant jouer avec le jeu comme il veut et pas forcément comme le veut la règle. A la grande surprise des adultes, l’enfant va jouer avec le jeu d’une façon que l’adulte n’aurait pas imaginé. L’adulte va beaucoup apprendre de l’enfant.
Il faut laisser l’enfant faire ses expériences et découvrir le monde.

Le tableau résumant l’intervention doit être reçu comme définissant de grands repères et des acquisitions qui peuvent varier selon les enfants ; chacun doit apprendre à son rythme. Chaque enfant a son développement propre, il connaît donc des périodes d’évolution rapide, d’autres de stagnation, voire des retours en arrière dans un domaine, pour en acquérir un autre. Il s’agit là d’un phénomène tout à fait normal.
L’activité motrice d’un enfant est fonction de la relation, de la qualité des échanges émotionnels entre lui et l’adulte qui s’en occupe. Pour que le développement psychomoteur de l’enfant soit harmonieux, il est nécessaire que l’enfant se sente bien et qu’il éprouve du plaisir.
Il est important que l’adulte soir disponible lorsque l’enfant joue sans pour autant arrêter ou altérer ses inventions personnelles, il pourra ainsi développer son imagination, sa créativité et son intérêt pour les choses.

Questions :

 « que pensez-vous de l’utilisation du trotteur (youpala) ? » :
Pas contre à condition que son utilisation ne se fasse ni trop tôt, ni trop longtemps. Un enfant qui ne se met pas debout n’est donc pas prêt à se mettre dans cette position. Le forcer à s’y mettre risque de modifier ses appuis, son bassin et cela risque de fausser la marche. Il est préférable de laisser l’enfant se déplacer « par ses propres moyens » (4 pattes, ramper…), afin qu’il franchisse seul les étapes en connaissance de son corps.

 « doit-on mettre des chaussures aux enfants pour les aider à acquérir la marche ? » :
Non. Les chaussures doivent être mises une fois que l’enfant a acquis la marche, pour lui tenir le pied. Il ne faut pas céder à l’effet de mode. L’idéal est que l’enfant apprenne la marche pied nu, pour ressentir ses appuis. Les chaussures sont lourdes et peuvent le freiner plutôt que de l’aider.

Il est envisagé de constituer des groupes d’éveil et de développement à la psychomotricité (8 enfants maximum par séances et 2 séances pour chacun) , conseils et découverte de nouveau matériel.